Es-tu un pommier ou un figuier?

13 août 2019

Durant ces dernières semaines, je me suis rendue plusieurs fois à la Fête des Vignerons de Vevey. Cet événement a lieu tous les 20 à 25 ans. C’est un hommage aux traditions vinicoles au travers d’un gigantesque spectacle (5500 figurants et 1200 bénévoles) et le couronnement des vignerons-tâcherons.

Imaginez une ville en fête pendant plus de trois semaines où vous avez accès à des caveaux qui n’ouvrent qu’à cette occasion-là et où vous croisez sans cesse les figurants du spectacles parés de leurs magnifiques costumes : les effeuilleuses avec leur chapeau pointu et leur robe au jupon coloré, les Cent-Suisses avec leur hallebarde, les étourneaux avec leurs grandes ailes et leur bec jaune, etc. ICI, vous accéderez aux images.

Cette foison d’habits aussi spectaculaires les uns que les autres m’a fait penser à tous ces déguisements et masques que j’ai pu porter et que parfois j’utilise encore dans mon quotidien : la bonne maman, la confidente, la bonne employée, la prof, etc.

Est-ce que nous travestir ainsi nous porte préjudice ?

Mon besoin d’authenticité me porterait à répondre oui. Et, en même temps, je crois que dans certaines circonstances c’est faire preuve de discernement que de se mettre dans certains vêtements.

Par exemple, si je reçois la visite de mon inspecteur, il me semble logique d’enfiler l’habit du bon prof, pour que cela se passe le mieux possible. De même que si j’ai un entretien d’embauche je vais plutôt mettre en avant mon côté bon employé, fiable et responsable que mes fragilités et mon manque de confiance en moi.

Par contre, parfois nous portons des déguisements dont nous n’avons pas conscience. Ces derniers peuvent générer des excès de fatigue, de la frustration et des déceptions. Pour ma part, je sais que je peux très vite endosser celui du prof, même quand c’est inadéquat. Je pense à une situation où une amie me parlait de ses difficultés de couple et où j’ai commencé à lui exposer mes théories pour l’aider à mieux comprendre sa situation. En fait, avec le recul, j’ai réalisé qu’elle avait certainement plus besoin d’empathie que d’un étalage de concepts.

J’ai également longtemps couru après les costumes de la perfection : être une maman parfaite, une épouse parfaite, une fille parfaite, une professionnelle parfaite, … quel leurre ! C’est juste une course épuisante qui n’amène que des insatisfactions et beaucoup de jugements négatifs sur soi. Ce n’était ni nourrissant, ni épanouissant.

Il me semble que nous nous déguisons chaque fois que nous agissons en fonction de références extérieures et non pas en lien à nos propres ressentis. Le grand challenge est d’être capable de se mettre en lien avec qui nous sommes vraiment. Comme le dit une amie : « Si j’essaie d’être un pommier alors que je suis une graine de figuier, il y a des chances pour que non seulement je m’épuise, mais aussi que je vive beaucoup de difficultés et de douleurs. »

  • Et vous, quels sont les déguisements qui vous fatiguent ?
  • Savez-vous quelle est l’essence de votre graine ?